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Les pigments naturels en peinture : couleurs de la terre, du végétal et de l’animal
Depuis la nuit des temps, les humains cherchent à mettre de la couleur dans leur quotidien : sur les parois des grottes, dans les fresques antiques, sur les toiles des maîtres anciens… Cette quête s’est longtemps appuyée sur une seule ressource : les pigments naturels. Ocres, terres, minéraux, végétaux ou encore animaux, chacun d’eux raconte une histoire, une origine et une esthétique singulière.
Les ocres et terres : la palette originelle
Les ocres et terres naturelles sont sans doute les pigments les plus anciens utilisés par l’humanité. Obtenus à partir de roches riches en oxydes de fer, ils offrent une gamme de teintes allant du jaune doux au rouge profond en passant par des bruns chaleureux.
- Ocre jaune : riche en goethite.
- Ocre rouge : transformée par cuisson, elle contient de l’hématite.
- Terre de Sienne ou terre d’ombre : des nuances brunes, très utilisées en peinture classique.
Ces pigments, stables et non toxiques, restent aujourd’hui prisés pour leurs couleurs naturelles et leur compatibilité avec presque tous les liants (pour en savoir plus sur ce qu’est un liant.)
Les pigments minéraux : éclats de pierre et de métal
Les minéraux ont toujours fasciné par leurs couleurs intenses. Réduits en poudre, ils ont donné naissance à des pigments durables et lumineux.
- Outremer naturel : obtenu à partir du lapis-lazuli, il fut jadis plus précieux que l’or.
- Vert de malachite : un pigment vert clair et légèrement translucide.
- Cinabre (vermillon) : un rouge éclatant issu du sulfure de mercure, très utilisé malgré sa toxicité.
Ces pigments minéraux se distinguent par leur éclat incomparable.
Les pigments végétaux : couleurs de la nature vivante
Les plantes offrent aussi une riche gamme de couleurs, souvent utilisées en teinture textile mais aussi en peinture.
- Indigo : célèbre pigment bleu extrait de l’indigotier, toujours utilisé en teinture et dans certaines peintures naturelles.
- Gomme-gutte : un jaune vif issu de la résine d’arbres tropicaux.
- Alizarine (garance) : rouge intense obtenu à partir des racines de la garance.
Leur charme réside dans leur douceur et leur lien direct avec le vivant.
Les pigments d’origine animale : rares et précieux
Certains pigments proviennent du monde animal. Par exemple:
- Pourpre de Tyr : tirée de mollusques méditerranéens, elle a marqué l’Antiquité comme symbole de prestige.
- Cochénille : un rouge carmin issu d’insectes séchés, encore employé dans certaines peintures et cosmétiques.
- Sepia : brun profond extrait de l’encre de seiche.
Souvent rares et coûteux, ces pigments étaient à l’époque associés au luxe et au statut social.
Si les pigments synthétiques dominent aujourd’hui, les pigments naturels continuent de séduire artistes, artisans et amateurs de matériaux écologiques. Leur intérêt réside autant dans leur esthétique unique que dans leur ancrage historique et culturel. Utiliser des ocres, des terres ou des pigments végétaux, c’est renouer avec une tradition millénaire, mais aussi explorer une richesse chromatique que les formules modernes ne reproduisent jamais totalement.
